L’Assemblée nationale a donné son feu vert au Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, ce jeudi 29 mai 2025,pour engager des poursuites contre le ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba. Cette autorisation intervient après plusieurs jours de procédure parlementaire et d’intenses auditions.
À l’origine de cette décision se trouve une demande officielle du procureur général sollicitant l’autorisation d’instruction sur les faits supposés de détournement à charge du ministre pour des faits présumés de détournement de fonds publics.
Selon les documents judiciaires, le ministre Mutamba est accusé d’avoir détourné près de 19 millions de dollars destinés à la construction de la prison centrale de Kisangani.
Une commission spéciale, composée de 23 députés, avait été chargée d’examiner la requête du parquet. Elle a auditionné successivement le procureur général Firmin Mvonde ainsi que le ministre concerné. Le rapport de cette commission a été soumis à l’Assemblée nationale lors d’une plénière tenue à ce mercredi 29 mai.
À l’issue des débats, la majorité des élus a approuvé l’ouverture des poursuites judiciaires contre le ministre.
De son côté, Constant Mutamba rejette catégoriquement ces accusations. Il affirme que le marché public de gré à gré signé pour la construction de la prison bénéficiait d’une autorisation conforme à la loi, et que l’absence de réaction de l’autorité compétente dans les délais requis équivalait à une approbation tacite. Le ministre a également mis en cause la légitimité de la procédure judiciaire à son encontre, dénonçant une tentative de manipulation politique.
Cette affaire met en lumière les tensions croissantes entre les institutions de la République démocratique du Congo, tout en soulevant des enjeux cruciaux liés à la transparence dans la gestion des deniers publics. Elle pourrait constituer un précédent important dans la lutte contre la corruption au sein même du gouvernement.
La rédaction