Le Conseil d’État a tranché. Par une ordonnance rendue publique ce mardi 30 juillet 2025, la plus haute juridiction administrative du pays a annulé les mesures précédemment accordées à Monsieur Honoré MULUMBA KALALA, ex-Directeur Général suspendu du Fonds Forestier National (FFN), mettant ainsi un terme à son recours en contestation de suspension.
Cette nouvelle décision vient rétracter l’ordonnance du 8 juillet 2025 (sous ROR 1283), prise en chambre de conseil. À l’époque, le juge n’avait pas suffisamment pris en compte les lourdes charges qui pèsent sur l’ancien DG du FFN.
En effet, ces accusations trouvent leur origine dans les conclusions de la 17ᵉ réunion ordinaire du Conseil d’Administration, tenue du 20 au 26 novembre 2024, ainsi que dans le rapport du Collège des Commissaires aux Comptes pour l’exercice clos au 31 décembre 2023. Ce rapport fait état d’une gestion jugée « calamiteuse », marquée par de multiples fautes de gestion, coulage et détournement des recettes publiques.
Malgré les invitations répétées du Conseil d’Administration pour qu’il puisse présenter sa défense, Honoré MULUMBA KALALA n’a jamais répondu présent. Pire, ses interventions dans les médias ont été perçues comme des actes d’insubordination, frisant l’outrage à l’autorité de tutelle.
C’est dans ce contexte que le Conseil d’Administration, via sa résolution n°4, avait sollicité auprès de la Ministre d’État en charge de l’Environnement Durable la suspension de Monsieur MULUMBA, ainsi que la saisine des instances compétentes pour instruire l’affaire.
Le rapport de la Cour des Comptes est venu enfoncer le clou. Il chiffre à plus de 22 millions de dollars les montants détournés durant la gestion de MULUMBA KALALA. L’audit détaille plusieurs manquements graves, notamment :
- L’ouverture illégale de l’Antenne provinciale du FFN à Mbuji-Mayi sans autorisation préalable du Conseil d’Administration ni approbation du ministère de tutelle ;
- L’exécution de budgets non adoptés ;
- L’absence totale de suivi, contrôle et évaluation des projets financés ;
- La dissimulation de superficies déboisées et des recettes correspondantes ;
- Le financement d’ONGD et de projets non éligibles, sans aucune étude préalable ;
- Et la passation des marchés publics sans appel à la concurrence.
La décision du Conseil d’État sonne comme un soulagement pour les cadres et agents du Fonds Forestier National, qui voyaient en Honoré MULUMBA un prédateur à la tête de leur établissement. Désormais conforté par la justice, le FFN peut espérer tourner la page d’une gestion décriée et reprendre sereinement ses activités au service de la préservation de l’environnement et de la bonne gouvernance des ressources forestières.
RM